Et si on se faisait plaisir ?

Cédric Klein

Président et fondateur

Pourquoi créer le concept Avinton dans une conjoncture économique qui n’est pas des plus fastes pour le marché de la moto ? Seul un sentiment aussi irrationnel que la passion peut justifier mes choix. Comme le clamait Ferdinand Porsche : « la Passion est le plus puissant des moteurs » et, en ce qui me concerne, la passion de la moto et de la mécanique m’a pris dès mon plus jeune âge et n’a fait que croître au fil des ans. C’est, ensuite, le fruit de longues réflexions au sujet de la direction que prend l’industrie de la moto qui m’ont donné envie d’aller plus loin, jusqu’à créer cette marque et ces Muscles-bikes diablement séduisants.

J’ai créé le concept Avinton en 2011, quand j’ai appris que la moto dont je rêvais – la dernière moto française de caractère – était condamnée à disparaître. Pour moi, c’est un de mes rêves qui s’éteignait… et je ne l’ai pas accepté. Au contraire… En rachetant les plans et les brevets de cette moto hors-normes et en créant ma propre marque, j’ai réalisé mon rêve de gosse, bien décider à offrir à cette moto la place qu’elle mérite. C’est alors que j’ai eu l’envie de proposer, en plus de la moto en elle-même, l’univers qui va avec.

Depuis de nombreuses années, je rêve d’un système différent… d’une nouvelle philosophie, qui s’appuierait sur des valeurs autres que celles que la société de consommation nous impose au quotidien. Pour moi, une moto est bien plus qu’un simple moyen de locomotion qui vous amène d’un point A à un point B en un temps record. Lorsque je suis au guidon d’une moto, ce sont les moments qui comptent, pas les minutes gagnées. Pour moi, la moto est un choix de vie, un formidable amplificateur d’émotions positives. Un vaisseau qui procure d’incroyables sensations, plus par l’accélération et la maniabilité que par la vitesse pure.

Parce que je trouve dommage de voir les pièces en plastique remplacer des éléments autrefois en métal, sacrifiés sur l’autel du « toujours moins cher », comme si la noblesse de l’objet n’avait plus d’importance…

Parce que je souhaite proposer une alternative cohérente à un système qui nous pousse à acheter neuf, personnaliser à grand renfort d’accessoires et, au moment où votre monture est « à cœur », la revendre pour éviter une trop grosse décote suite à la sortie de la nouvelle version… Pour moi, la plus belle relation qu’un motard puisse avoir avec sa moto se rapproche de celle de ces britanniques qui, à 35 ans, achètent leur Jaguar à crédit et roulent encore avec à 80 ans,… Mais qui la connaissent si bien, qu’ils savent, rien qu’à l’oreille, quand une pièce du moteur prend du jeu, ou qui vous sortent, telles des reliques, d’épais albums photos entièrement dédiés à leur vieille « compagne de route » et à tous ces souvenirs – bons ou mauvais – qu’ils ont vécu ensemble au fil des années… comme s’il s’agissait d’une partie d’eux-mêmes.

Parce que le motard d’aujourd’hui est quelqu’un qui assume ses responsabilités, qui a le droit d’être raffiné et d’aimer les belles choses, les produits d’exception, et qui mérite le même respect que tout autre usager de la route. Grâce à l’univers Avinton, j’aimerais réhabiliter le concept de « Gentleman Rider » et ainsi contribuer à faire bouger les lignes pour que les motards puissent être fiers de leur statut au point de le revendiquer… sans risque d’être ostracisés.

C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui, je ne peux pas créer d’autres motos que des Avinton….